Agir contre la maltraitance des personnes âgées et des adultes handicapés

Vous êtes confronté à une situation de maltraitance et vous vous sentez particulièrement démuni ? Quelques principes pour vous aider à faire face :
Etre à l’écoute de la victime, montrer son soutien.
Décrire la situation de la façon la plus objective possible, en confrontant votre perception avec le point de vue d’autres personnes (proches, membres de l’équipe…).
Informer de la situation : le 3977, la hiérarchie, la police, le Procureur de la République…, suivant la situation.
Demeurer attentif à l’évolution de la situation.
L’équipe du 3977 est présente pour vous soutenir à toutes les étapes.

La levée du secret professionnel
Les faits connus à l’occasion des activités des professionnels de santé sont en principe soumis au secret (article 226-13 du Code Pénal). Cela ne s’applique pas pour des privations ou de sévices infligés à un mineur ou à une personne qui n’est pas en mesure de se protéger, en raison de son âge, son état physique ou psychologique (article 226-14 du Code Pénal et article 434-3). La loi autorise les professionnels de santé à informer les autorités s’ils constatent des actes de maltraitance sans risque de sanction au titre d’une violation du secret professionnel.

Rappel : Non assistance à personne en danger
L’article 223-6 du Code Pénal précise « quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l’intégrité corporelle de la personne s’abstient de le faire est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. Sera puni des mêmes peines quiconque s’abstient volontairement de porter à une personne en péril l’assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours ».


Pour les particuliers

Le principe clé : plus les personnes sont informées et entourées, mieux elles sont accompagnées. 4 idées pour aider une personne vulnérable :
• bien s’informer
• bien informer la personne
• se faire aider
• protéger la personne vulnérable

Pour les personnes qui ont dans leur entourage un proche vulnérable, sans en prendre soin régulièrement, la prévention de la maltraitance passe par un effort de vigilance :
• Être attentif à l’état de fatigue, physique ou psychologique de l’aidant principal : l’entourage peut proposer son aide, pour de petits services ou des temps plus longs.
• Mesurer l’isolement de la personne vulnérable et/ou de l’aidant : téléphoner, passer même rapidement permet de limiter l’isolement et le sentiment de solitude.
• Percevoir des changements brutaux : changements physiques, psychologiques, sociaux (déménagement qui ne semblait pas prévu, accueil en établissement qui semble fait dans l’urgence sans raison apparente, gêne financière). Ces changements peuvent être un signal d’alerte.


Pour les professionnels

Le principe clé : créer l’environnement favorisant la mise en lumière et le traitement des problèmes. 3 types d’action pour prévenir les actes de maltraitance :
La formation
• la « maltraitance » doit être comprise par tous de la même manière.
• les connaissances doivent être partagées et régulièrement mises à jour.
• les pratiques doivent être interrogées et discutées.

L’organisation
• avoir un cadre clair.
• pouvoir parler des difficultés ou dysfonctionnements rencontrés sans crainte.
• s’assurer que les protocoles sont compris.
• prévoir des sanctions justes et progressives lorsque nécessaire.
• respecter les différentes obligations : contrat de séjour, conseil de vie sociale.

Le respect des différents acteurs
Les relations entre l’équipe professionnelle, la personne accompagnée et les familles sont complexes et souvent sources de malentendus pouvant déboucher sur des situations de maltraitance.


Pour les aidants

Le principe clé : ne pas se laisser enfermer dans une situation de souffrance.
Les relations d’affection, d’amour ou de respect qui lient l’aidant principal à une personne âgée dépendante ou à une personne en situation de handicap, les moments de complicité partagée ou de bien-être mutuel peuvent être mis à mal pour des raisons complexes.
Les aidants peuvent être soumis à des difficultés multiples : physiques, morales, psychologiques, financières, organisationnelles… Ces difficultés peuvent amener à des états de souffrance, d’épuisement pouvant conduire à des attitudes et des comportements inadaptés.
Ces risques sont réels et ne doivent pas être masqués. Il ne faut pas non plus culpabiliser de ne pouvoir être en permanence à la hauteur de l’image que l’on a de son rôle.
Faire part des difficultés, faire appel à d’autres pour soutenir, déculpabiliser, pourra aider à trouver la ou les solutions utiles pour assurer le bien-être de l’aidant et de la personne aidée.

Focus : le burn out

Le burn out est un épuisement professionnel dû aux conditions de travail et aux relations avec les patients et leurs proches.

Cet épuisement est un risque de maltraitance envers les personnes accompagnées, car il entraîne un manque de patience. Mais l’épuisement est aussi un signal d’alerte sur le bien-être physique et psychologique des professionnels. Connaitre ses limites, reconnaître sa fatigue, pouvoir en parler, être soutenu par l’équipe…Autant de points fondamentaux pour le bien-être de tous.